1. Hier, au soir, il avait mené grande gigue avec ses vieux démons. L’habituel sabbat imbibé de gin, les rixes allumées comme de la poudre dans les tavernes ennuitées de tabac, la tête empoissée de jurons. Les cartes aussi - et ce sagouin de valet de coeur, maculé de bière, sorti trop tard. La gamberge ensuite: plus un shilling vaillant en poche, évidemment. Rincé, essoré, par cet empapaouté de valet, ce petit saligaud brenneux qui le narguait depuis son rectangle fripé de carton.
Alors, il avait bien fallu se refaire. La-bas, enterré dans l’ombre épaisse d’un coin, il y avait ce type - un jovial, tout en rondeurs et grandes tapes sur l’épaule. Surtout, il crachait au bassinet sans rechigner, beuglait à la cantonade qu’il avait de quoi. De quoi payer des coups, de quoi éviter de rentrer sur-le-champ…Quelques heures de répit, encore, avant la mercuriale de la bourgeoise, ses grands sermons dégoulinants alors que lui il ne rêverait que draps caressants et silence.
Il n’avait pas demandé son reste et, illico - à peine attablé avec le boute-en-train - une chope ruisselante de fraîcheur avait surgi sous son nez. La première d’une interminable procession, sans compter les petits dés de gin, brûlants de la joie âpre des flammes.
Bien sûr, il avait signé. On ne refuse rien, pas vrai?, à un véritable ami - un gars qui se soucie de votre gosier.
Et ce matin? Une sarabande de coups de triques dans la tête - et de coups de garcettes sur la peau. Soutier de l’Empire, matelot de la Reine. Et pour dix ans. Départ imminent.

    Hier, au soir, il avait mené grande gigue avec ses vieux démons. L’habituel sabbat imbibé de gin, les rixes allumées comme de la poudre dans les tavernes ennuitées de tabac, la tête empoissée de jurons. Les cartes aussi - et ce sagouin de valet de coeur, maculé de bière, sorti trop tard. La gamberge ensuite: plus un shilling vaillant en poche, évidemment. Rincé, essoré, par cet empapaouté de valet, ce petit saligaud brenneux qui le narguait depuis son rectangle fripé de carton.

    Alors, il avait bien fallu se refaire. La-bas, enterré dans l’ombre épaisse d’un coin, il y avait ce type - un jovial, tout en rondeurs et grandes tapes sur l’épaule. Surtout, il crachait au bassinet sans rechigner, beuglait à la cantonade qu’il avait de quoi. De quoi payer des coups, de quoi éviter de rentrer sur-le-champ…Quelques heures de répit, encore, avant la mercuriale de la bourgeoise, ses grands sermons dégoulinants alors que lui il ne rêverait que draps caressants et silence.

    Il n’avait pas demandé son reste et, illico - à peine attablé avec le boute-en-train - une chope ruisselante de fraîcheur avait surgi sous son nez. La première d’une interminable procession, sans compter les petits dés de gin, brûlants de la joie âpre des flammes.

    Bien sûr, il avait signé. On ne refuse rien, pas vrai?, à un véritable ami - un gars qui se soucie de votre gosier.

    Et ce matin? Une sarabande de coups de triques dans la tête - et de coups de garcettes sur la peau. Soutier de l’Empire, matelot de la Reine. Et pour dix ans. Départ imminent.

     
  2. D’abord trouver de la corde, suffisamment longue et solide, qui ne rompra pas à l’usage. Cela se trouve sans problème dans le commerce pour qui sait chercher.
Au rayon bricolage de tout bonne enseigne dédiée au citadin bricoleur, dans les magasins pour vieux campeurs ou pour navigateurs qui préparent leur transat en solitaire…
En solitaire… comme le chasseur des villes qui doit se fondre dans la jungle de l’asphalte ; et oui, le  camouflage est indispensable pour le professionnel de la traque en milieu urbain. Feutre cabossé et imper mastic de rigueur, Messieurs.
Ensuite, suivre discrétos la proie jusqu’à sa tanière et là, en douceur, l’agripper, l’escamoter, direction le terrain de jeux domestique.
Ne surtout pas abîmer la marchandise avant de l’avoir goûtée et appréciée. On est esthète ou on ne l’est pas. Donc l’immobiliser, la neutraliser mais sans dégât collatéral. Mieux : la préparer consciencieusement, avec tact & douceur. La barder, en somme. 
Pour cela, deux écoles.
D’abord, celle qui a mes préférences, celle de la tradition de la grande marine marchande et de ses mille et une façons de faire des noeuds qui entortillent et vous enserrent n’importe quel mât en bois d’ébène ou teck version maousse.
Imaginez donc si l’objet de vos attentions est une petite pépée poids-plume, une bouchée apéritive, chair diaphane aux reflets éburnéens sous quelques grammes de nylon et escarpins que vous allez croquer en deux, trois coups de canines.  Une paille, un régal que de la ficeler comme le paquet-cadeau que votre appétit de mâle dominant mérite.
Sinon,  pour les plus pervers, l’école japonaise, Araki & sons, l’art du bondage porté à son point incandescent par des générations de coquins en kimonos fleuris..
”- Plus fort, mais serre plus fort, Jean-Paul !! Je ne sens rien ! Mais quel manche, quel empoté on m’a donné là ! Maman me l’avait bien dit pourtant…! Qu’est-ce qu’on n’est pas prête à faire pour rompre l’ennui conjugal ?!…
- … Oh pardon, chérie, je m’applique pourtant, j’ai suivi tes consignes à la lettre…”.

    D’abord trouver de la corde, suffisamment longue et solide, qui ne rompra pas à l’usage. Cela se trouve sans problème dans le commerce pour qui sait chercher.

    Au rayon bricolage de tout bonne enseigne dédiée au citadin bricoleur, dans les magasins pour vieux campeurs ou pour navigateurs qui préparent leur transat en solitaire…

    En solitaire… comme le chasseur des villes qui doit se fondre dans la jungle de l’asphalte ; et oui, le  camouflage est indispensable pour le professionnel de la traque en milieu urbain. Feutre cabossé et imper mastic de rigueur, Messieurs.

    Ensuite, suivre discrétos la proie jusqu’à sa tanière et là, en douceur, l’agripper, l’escamoter, direction le terrain de jeux domestique.

    Ne surtout pas abîmer la marchandise avant de l’avoir goûtée et appréciée. On est esthète ou on ne l’est pas. Donc l’immobiliser, la neutraliser mais sans dégât collatéral. Mieux : la préparer consciencieusement, avec tact & douceur. La barder, en somme. 

    Pour cela, deux écoles.

    D’abord, celle qui a mes préférences, celle de la tradition de la grande marine marchande et de ses mille et une façons de faire des noeuds qui entortillent et vous enserrent n’importe quel mât en bois d’ébène ou teck version maousse.

    Imaginez donc si l’objet de vos attentions est une petite pépée poids-plume, une bouchée apéritive, chair diaphane aux reflets éburnéens sous quelques grammes de nylon et escarpins que vous allez croquer en deux, trois coups de canines.  Une paille, un régal que de la ficeler comme le paquet-cadeau que votre appétit de mâle dominant mérite.

    Sinon,  pour les plus pervers, l’école japonaise, Araki & sons, l’art du bondage porté à son point incandescent par des générations de coquins en kimonos fleuris..

    ”- Plus fort, mais serre plus fort, Jean-Paul !! Je ne sens rien ! Mais quel manche, quel empoté on m’a donné là ! Maman me l’avait bien dit pourtant…! Qu’est-ce qu’on n’est pas prête à faire pour rompre l’ennui conjugal ?!…

    - … Oh pardon, chérie, je m’applique pourtant, j’ai suivi tes consignes à la lettre…”.

     
  3. Deux jours que la Sureté m’a donné le tuyau. Deux jours sans dormir, à arpenter la ville, la nicotine pour seule amie…
Retourner au village, s’y terrer ? Impossible. La nuit leur appartient : les communistes et leurs représailles sans pitié. Et puis tout le monde sait que le chef du maquis est l’ancien instituteur ; et puis tout le monde connaît tout le monde à la campagne. Il n’y a que les Français qui ne voient ni ne comprennent rien, pour qui l’âme de ce pays reste totalement hermétique…
Non, vraiment pas le choix, il faut vite que je les trouve - avant qu’ils ne me trouvent -, ces gars des comités d’assassinat Viet-Minh infiltrés dans Sài Gòn pour éliminer tous les agents des Français.

    Deux jours que la Sureté m’a donné le tuyau. Deux jours sans dormir, à arpenter la ville, la nicotine pour seule amie…

    Retourner au village, s’y terrer ? Impossible. La nuit leur appartient : les communistes et leurs représailles sans pitié. Et puis tout le monde sait que le chef du maquis est l’ancien instituteur ; et puis tout le monde connaît tout le monde à la campagne. Il n’y a que les Français qui ne voient ni ne comprennent rien, pour qui l’âme de ce pays reste totalement hermétique…

    Non, vraiment pas le choix, il faut vite que je les trouve - avant qu’ils ne me trouvent -, ces gars des comités d’assassinat Viet-Minh infiltrés dans Sài Gòn pour éliminer tous les agents des Français.

     
  4. Lundi, 10h37, carré sur les banquettes du wagon-bar : Jeremy “Jerry” H. Lundesford III.
Tintamarre d’aciers, de bielles, et les sifflements de matou enragé de la vapeur aussi. Jerry, c’est l’étoile montante des Républicains du Wyoming, le poulain du GOP. Ou plutôt, c’est ce qu’il se dit. Parce qu’il a tout pour lui, Jerry, né empaqueté dans la soie des Lundesford (deux ranchs, le “Big L” et le “Wyoming pride”, des terres grêlées de mines, des puits d’or noir comme les trous d’un  gruyère). Il a tout pour lui, mais il a le coude leste, le palais vite parcheminé. Four Roses for breakfast.
Lundi, 10h39: l’express s’époumone vers Cheyenne. Filant de conserve, une grosse Buick.
Au volant, phalanges blanchies par la tension, lèvres sèches: Robert Johnson. “Bob” quand il est au barbecue, le dimanche, “Bob” dans les bras de sa femme (mais c’était avant le divorce) “Bobby” pour la serveuse quand il commande une Bud au routier du coin. Robert, “Bob”, “Bobby”, n’importe: il s’emmerde. Comme d’habitude. Alors il a jeté un oeil distrait sur la campagne - Wyoming, mornes plaines. Et il a vu le train crever l’horizon derrière, souiller le ciel. Pas se laisser doubler par ce fils de pute, faut pas déconner. Pleins gaz. Bob s’emmerde moins.
Mardi, en une du Cheyenne Independant:
“DRAME DU RAIL
Hier, en fin de matinée, le deuil a douloureusement frappé l’une des familles les plus estimables de notre bel Etat. Jeremy H lundesford III, pour des raisons qu’il appartient à l’enquête d’éclaircir, a trouvé la mort lors d’une chute fatidique de l’express de 10h.”
Mercredi, un entrefilet dans la rubrique faits divers du Cheyenne Star:
"Toutes nos condoléances vont à la famille de Mr. Johnson, qui laisse une épouse aimante et des fils orphelins. Ce père de famille attentionné avait perdu le contrôle de son véhicule sur la route de Cheyenne pour des raisons encore mal expliquées."

    Lundi, 10h37, carré sur les banquettes du wagon-bar : Jeremy “Jerry” H. Lundesford III.

    Tintamarre d’aciers, de bielles, et les sifflements de matou enragé de la vapeur aussi. Jerry, c’est l’étoile montante des Républicains du Wyoming, le poulain du GOP. Ou plutôt, c’est ce qu’il se dit. Parce qu’il a tout pour lui, Jerry, né empaqueté dans la soie des Lundesford (deux ranchs, le “Big L” et le “Wyoming pride”, des terres grêlées de mines, des puits d’or noir comme les trous d’un  gruyère). Il a tout pour lui, mais il a le coude leste, le palais vite parcheminé. Four Roses for breakfast.

    Lundi, 10h39: l’express s’époumone vers Cheyenne. Filant de conserve, une grosse Buick.

    Au volant, phalanges blanchies par la tension, lèvres sèches: Robert Johnson. “Bob” quand il est au barbecue, le dimanche, “Bob” dans les bras de sa femme (mais c’était avant le divorce) “Bobby” pour la serveuse quand il commande une Bud au routier du coin. Robert, “Bob”, “Bobby”, n’importe: il s’emmerde. Comme d’habitude. Alors il a jeté un oeil distrait sur la campagne - Wyoming, mornes plaines. Et il a vu le train crever l’horizon derrière, souiller le ciel. Pas se laisser doubler par ce fils de pute, faut pas déconner. Pleins gaz. Bob s’emmerde moins.

    Mardi, en une du Cheyenne Independant:

    DRAME DU RAIL

    Hier, en fin de matinée, le deuil a douloureusement frappé l’une des familles les plus estimables de notre bel Etat. Jeremy H lundesford III, pour des raisons qu’il appartient à l’enquête d’éclaircir, a trouvé la mort lors d’une chute fatidique de l’express de 10h.”

    Mercredi, un entrefilet dans la rubrique faits divers du Cheyenne Star:

    "Toutes nos condoléances vont à la famille de Mr. Johnson, qui laisse une épouse aimante et des fils orphelins. Ce père de famille attentionné avait perdu le contrôle de son véhicule sur la route de Cheyenne pour des raisons encore mal expliquées."

     
  5. 10:15: couverture nuageuse, trouées de bleu, beau temps - pour Albion.
Mais le soleil s’est levé outre-Rhin, le soleil est en métal et siffle des balles, le soleil se dit Messerschmitt et perce le ciel de Churchill.
Alerte ! Oublier l’ale du mess, ne penser qu’aux ailes luisantes des Spitfire. Courir aux cockpits, engoncés de sacs, sangles et casques. Une poignée d’Harry, Dick, John, Bill fuse en mauvais ordre, foulant la pelouse natale.
Harry, Dick, John, Bill: une traînée de poudre humaine, une diagonale de sang, de sueur et de larmes.
10:45: ciel complètement dégagé. Une averse pourtant: pleuvent éclats et lambeaux d’acier. Dans l’oeil de verre des jumelles, on peut lire, entre les traînées de condensation des Spits engagés dans les dog-fights, trois majuscules : R.A.F.

    10:15: couverture nuageuse, trouées de bleu, beau temps - pour Albion.

    Mais le soleil s’est levé outre-Rhin, le soleil est en métal et siffle des balles, le soleil se dit Messerschmitt et perce le ciel de Churchill.

    Alerte ! Oublier l’ale du mess, ne penser qu’aux ailes luisantes des Spitfire. Courir aux cockpits, engoncés de sacs, sangles et casques. Une poignée d’Harry, Dick, John, Bill fuse en mauvais ordre, foulant la pelouse natale.

    Harry, Dick, John, Bill: une traînée de poudre humaine, une diagonale de sang, de sueur et de larmes.

    10:45: ciel complètement dégagé. Une averse pourtant: pleuvent éclats et lambeaux d’acier. Dans l’oeil de verre des jumelles, on peut lire, entre les traînées de condensation des Spits engagés dans les dog-fights, trois majuscules : R.A.F.

     
  6. Vous connaissez l’histoire de Bonnie and Clyde? Ca vous a plu, hein? Vous en voulez encore? Eh bien écoutez la suite.
Alors voilà. Faut pas croire les rumeurs, pas croire les chansons non plus: les tourtereaux du Colt se sont pas fait dessouder par les Feds, non. Bonnie & Clyde, c’est pas Tristan & Yseult sur partition de mitraillette - l’amour cinglé, l’orgasme dans la mort à deux, main dans la main / les yeux dans les yeux, tout ça c’est du boniment pour midinettes.
Vous voulez la réalité à poil, démaquillée? Vous allez être servis. D’abord, semer des macchabées à droite et à gauche, de préférence chez Wells Fargo ou First National. Compter l’artiche ensuite, décaniller pleins gaz sur New York. Deux billets, aller simple siouplait, et l’affaire est dans le sac, l’avenir sur la Riviera.
Quarante après, cartes vermeil maintenant, tous les jours la routine : se laisser cuivrer au soleil de Nice. Mais voilà: Clyde a une petite maîtresse et son nom c’est pas Bonnie. Et Bonnie collectionne les gigolos - jeunesse glabre à l’accent espagnol ou italien. Mais bon, quand on est une légende, quand à deux on a formé le gang Barrow, on se sépare pas comme ça. Alors, tout doucement, Bonnie attend derrière son journal que l’autre casse sa pipe. Et Clyde, lui? Et bien il met une chaise entre lui et la jacteuse (oui, avec l’âge, c’est incroyable ce qu’elle a pu devenir bavasseuse). Et il se pétrifie, paralysé volontaire du visage. Bouge plus, plus un geste, plus un muscle. Elle va bien finir par crever.
Et parfois, il se dit, Clyde, qu’ils auraient mieux fait de tomber ensemble, y a bien longtemps, de tomber aux pieds de bouseux yankees, ou de finir sur la chaise. Electrique. Pas celle en rotin blanc, sur cette maudite Promenade des Anglais.

    Vous connaissez l’histoire de Bonnie and Clyde? Ca vous a plu, hein? Vous en voulez encore? Eh bien écoutez la suite.

    Alors voilà. Faut pas croire les rumeurs, pas croire les chansons non plus: les tourtereaux du Colt se sont pas fait dessouder par les Feds, non. Bonnie & Clyde, c’est pas Tristan & Yseult sur partition de mitraillette - l’amour cinglé, l’orgasme dans la mort à deux, main dans la main / les yeux dans les yeux, tout ça c’est du boniment pour midinettes.

    Vous voulez la réalité à poil, démaquillée? Vous allez être servis. D’abord, semer des macchabées à droite et à gauche, de préférence chez Wells Fargo ou First National. Compter l’artiche ensuite, décaniller pleins gaz sur New York. Deux billets, aller simple siouplait, et l’affaire est dans le sac, l’avenir sur la Riviera.

    Quarante après, cartes vermeil maintenant, tous les jours la routine : se laisser cuivrer au soleil de Nice. Mais voilà: Clyde a une petite maîtresse et son nom c’est pas Bonnie. Et Bonnie collectionne les gigolos - jeunesse glabre à l’accent espagnol ou italien. Mais bon, quand on est une légende, quand à deux on a formé le gang Barrow, on se sépare pas comme ça. Alors, tout doucement, Bonnie attend derrière son journal que l’autre casse sa pipe. Et Clyde, lui? Et bien il met une chaise entre lui et la jacteuse (oui, avec l’âge, c’est incroyable ce qu’elle a pu devenir bavasseuse). Et il se pétrifie, paralysé volontaire du visage. Bouge plus, plus un geste, plus un muscle. Elle va bien finir par crever.

    Et parfois, il se dit, Clyde, qu’ils auraient mieux fait de tomber ensemble, y a bien longtemps, de tomber aux pieds de bouseux yankees, ou de finir sur la chaise. Electrique. Pas celle en rotin blanc, sur cette maudite Promenade des Anglais.

     
  7. …40 à l’ombre toute la journée, la chemisette qui colle aux biceps, la nuque dégoulinante sous le feutre, et la main imbibée de sueur à l’heure fatale… Mais elle n’a pas tremblé. Et le contrat a été honoré.
Ce croupier véreux était vraiment devenu trop dangereux pour nous… Il faut de temps en temps couper les ailes à ceux qui se croient plus forts que l’organisation. Surtout ne jamais défier l’organisation. Elle peut exister sans nous mais on n’existe pas sans elle. La preuve, petit malin de croupier.
Drôle de journée & beau pays - quand même. A l’aube, les courants d’air glaciaux de Chicago airport ; ce soir, dans la torpeur de la ville du désert, bain de minuit en solo dans la swimming-pool des “Sables”.

    …40 à l’ombre toute la journée, la chemisette qui colle aux biceps, la nuque dégoulinante sous le feutre, et la main imbibée de sueur à l’heure fatale… Mais elle n’a pas tremblé. Et le contrat a été honoré.

    Ce croupier véreux était vraiment devenu trop dangereux pour nous… Il faut de temps en temps couper les ailes à ceux qui se croient plus forts que l’organisation. Surtout ne jamais défier l’organisation. Elle peut exister sans nous mais on n’existe pas sans elle. La preuve, petit malin de croupier.

    Drôle de journée & beau pays - quand même. A l’aube, les courants d’air glaciaux de Chicago airport ; ce soir, dans la torpeur de la ville du désert, bain de minuit en solo dans la swimming-pool des “Sables”.

     
  8. Epaules balancées, hanches qui pivotent & vertigineuse chute de reins - sans tomber dans l’équivoque, tout est question d’attitude, partner.
Tout est question d’équilibre, une synchronisation des corps et des feelings en noir et blanc : un damier hot, une partie d’échecs jazz. Be-bop et mat : l’ardent cavalier tente de prendre la reine de l’esquive.
Shimmy des synapses, fox-trot du cortex. Frôlements émotionnels, twist phéromonal & cérébral.
Ce soir, on danse, on drague chez les Kasparov-Fischer.

    Epaules balancées, hanches qui pivotent & vertigineuse chute de reins - sans tomber dans l’équivoque, tout est question d’attitude, partner.

    Tout est question d’équilibre, une synchronisation des corps et des feelings en noir et blanc : un damier hot, une partie d’échecs jazz. Be-bop et mat : l’ardent cavalier tente de prendre la reine de l’esquive.

    Shimmy des synapses, fox-trot du cortex. Frôlements émotionnels, twist phéromonal & cérébral.

    Ce soir, on danse, on drague chez les Kasparov-Fischer.

     
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